La table
du mort
     

"La main hardie — il faut avancer — dévie de sa route au niveau de la poitrine pour s'immiscer dans la tiédeur du sein. Elle le caresse, pesant, tendu, la pointe érigée est dure sous les doigts. Un soupir profond accompagne son mouvement. Un tressaillement, puis deux.
Ce sixième sens est décidément un radar redoutable, fiable et rassurant.
Le poids de sa paume sur la main, stoppant la course des doigts. Serrant, le temps d'un souffle, d'une respiration. L'étreinte se relâche, libérant la pression, rendant sa liberté au corps.
Puis, le voyage reprend. L'extrémité de son doigt s'attarde sur la peau tendre et moite au-dessous du sein, glisse dans le mouvement de la masse soyeuse du ventre lisse, retrouve ses repères sur l'os saillant du bassin, freine, à mesure qu'il s'approche du pubis.
Elle se décale lentement, se collant inexorablement sur toute la longueur au corps toujours inerte, offert et passif de Laurence. Un électrochoc après le contact. (...) Elle pense, qu'assurément les préliminaires sont le plus bel instant de l'amour. Tâchons de les faire durer. "

 

Dans Le premier qui meurt..., second roman policier d'Anne Alexandre, on retrouve Pauline Vogel, avocate lesbienne, lancée dans une enquête sur l'étrange suicide de Bruno Randoin, médecin à Clermont-Ferrand.
Chargée de découvrir la vérité pour le compte de la veuve de ce dernier, elle s'adjoint la collaboration d'Antoine, ex-policier et de Laurence Le Vigan, juge d'instruction décidément très à son goût.
Cette nouvelle affaire sera peut-être l'occasion pour les deux femmes de se rapprocher, à moins qu'Antoine ne vienne jouer les troubles-fêtes...
 
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